Dialogue avec Prithwindra MUKHERJEE – L’arrivée en France

Bertrand de Foucauld : « Vous arrivez en France en 1966. »

Prithwindra Mukherjee : « A l’époque, beaucoup de gens s’intéressait à la culture indienne. »

Bertrand de Foucauld : « Méditation? Cultures Hyppie et boudhiste (Himalaya)? »

Prithwindra Mukherjee : « Rares sont aujourd’hui ceux qui s’intéressent à la culture indienne.

C’est une volonté qui m’a guidé vers le continent européen. La présence de cette volonté s’est manifestée très concrètement. On peut l’appeler différemment : divin, dessein .Tenez, par exemple, l’histoire de mon grand-père dont je parlerai en temps voulu, plus en détail: aucun éclairage proprement historique l’a mise en valeur. Aucune université en Inde ne l’aurait accepté comme sujet d’une thèse. Car la perspective de Sri Aurobindo et Jatindra n’excluait pas une éventuelle insurrection armée contre le gouvernement colonial. L’héritage de la non-violence montrerait [comme] « shocking » cette volonté de se sacrifier jusqu’au bout. Ayant mené à bien depuis 1955 mes préparatifs pour une recherche sur le sujet, enfin je rencontrai en Raymond Aron la personnification de la Providence en 1974 qui, non content d’accepter de diriger ma thèse pour le doctorat d’Eat (Université Paris IV-Sorbonne), qualifia mon thème comme « missing link de notre histoire ». Il eut l’heureuse initiative de m’encourager pour aller aux Etats-Unis, en 1981, avec une bourse Fulbright compléter mes données d’archives recueillies en Inde et en Europe avec ceux disponibles dans les archives américaines. Il n’y a aucun hasard dans la vie. »

Bertrand de Foucauld : « Quels sont vos liens affectifs avec l’Inde et la France/l’Europe?« 

Prithwindra Mukherjee : « Ayant vécu dans un milieu hermétique de pureté et d’ascèse, ayant obtenu le contrôle de certaines forces à l’œuvre dans le monde, j’avais connu un succès précoce dans ma vie personnelle et sociale : avant l’âge de vingt ans, j’étais remarqué par les doyens de l’Académie des Lettres de New Delhi comme « poète de l’Âge nouveau ». Aimé de tous, ayant aimé tous, j’ignorais l’amour humain sauf cela reçu de mes parents et de mes frères. Sauf l’Amour du Divin qu’incarnaient la Mère et Sri Aurobindo.

Curieux de savoir les raisons de la misère de la société de consommation et convaincu de pouvoir y remédier, à l’âge de trente ans j’ai quitté mon nid douillet de Pondichéry, laissant derrière, mes parents âgés et les deux frères. Arrivé à Orly, je savais qu’il n’y aurait personne pour m’accueillir. J’étais seul à Paris. Seul avec la Grâce divine. Je saluais chaque jour une nouvelle expérience qui allait dans le sens de ma quête. »

Emana Chandini. Paroles et musique : Prithwindra Mukherjee (avec l’autorisation de l’auteur).

(Photo de couverture : Prithwindra Mukherjee in 1954).

 

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