Marseille, la grève gagnante des éboueurs en images

Marseille. Les 2e, 15e et 16e arrondissements sont défigurés par un mouvement social qui dure depuis quinze jours. Les 222 éboueurs qui souhaitent faire pression sur une hiérarchie « harcelante » ont donc fait savoir par les grands moyens que leur situation était devenue intenable et qu’ils n’attendaient rien d’autre que la démission du directeur et son adjoint. De fait, ces salariés de délégation de service public ne ramassent plus les ordures.

C’est souvent par ces moyens sacrificiels que les causes peuvent être triomphantes. « Le but de la grève a abouti : la direction locale sera déplacée, affirme Lionel Martini, délégué FO de Polyceo, qui est une filiale de l’entreprise industrielle Derichebourg. Depuis des années, les salariés et les syndicats alertent l’inspection du travail, sans aucun succès.

« Un accord a été trouvé sur les principaux points, à savoir la révision complète du management et des recrutements supplémentaires« , annonce Patrick Rué, secrétaire FO des territoriaux Ville et Métropole, qui a participé aux discussions ce matin comme l’a relaté La Provence.

Il faut dire que la situation depuis deux semaines s’aggravait continuellement. Entre la prolifération des rats, les odeurs nauséabondes et la mise à feu des tas d’ordures dans certains quartiers, s’ajoutaient les vents forts de ces derniers jours qui transportaient plusieurs semaines de consommation alimentaire entassées dans les rues dans la belle mer bleue du littoral marseillais. Pour une ville passée verte en juillet, il y a de quoi grincer des dents.

Quinze jours durant lesquels la ville aura vécu dans un état sanitaire déplorable. Le conflit n’a jamais dépassé le statu quo, entrainant même une radicalisation des postures, entre salariés grévistes versus direction de Polyceo qui n’a pas hésité à reproduire la traditionnelle accusation de prise d’otages des habitants par les grévistes. Une méthode bien connue et habituelle des gouvernements.

Lundi 28 décembre, la Préfecture de police des Bouches-du-Rhône avait tenté de forcer les salariés à retourner au travail sous la forme d’un arrêté de réquisition, sans succès. Les grévistes sont épuisés et désolés de faire subir cela aux locaux, mais sont motivés à faire fléchir leur direction.

C’est donc chose faite. Rapidement la situation devrait revenir à la normale. Pendant ce temps, dans les rues de Marseille, il est difficile de trouver des habitants qui s’en prennent aux grévistes, la solidarité semble prendre le pas sur les désagréments évidents.

Florilège iconographique d’un mouvement qui aura bousculé la ville :

                                                                                          Rue de la République

 

                                                                                       Le Panier
                                   La benne mise à disposition place Sadi Carnot, peu utilisée par les résidents.

 

2 réflexions sur “Marseille, la grève gagnante des éboueurs en images

  • 31 décembre 2020 à 18 h 17 min
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    Espérons que 2021 soit une année plus propre! Dans tous les cas, cet article de Lucien Cavelier ouvre la voie à plusieurs débats : la gestion des services au public d’une part, l’hygiène publique et ses représentations d’autre part.
    Contrib’City ne manquera pas de vous tenir informé et vous invite, comme de coutume, à participer à l’actualité de vos lieux de vie.
    Bonne année et tous mes meilleurs vœux!

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  • 30 décembre 2020 à 20 h 30 min
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    Tres beau article explicite. merci pour celui ci qui fait reflechir.

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