France : navigation à vue par brouillard épais

Jeudi 12 mars dernier, l’Exécutif français nous a informés que nous devions faire attention à la progression du virus Corona. Mais il nous a également encouragés à voter, c’est-à-dire à faire notre devoir de citoyens. Problème : les deux directives entraient en conflit. Certains, comme Contrib’City, se sont rendus aux urnes, d’autres, la majorité à Jouy-en-Josas, ont décidé de rester chez eux.

Hier, c’est-à-dire le lendemain du premier tour des élections municipales, patatras! Branle-bas de combat! Machines arrière toute! La barre à 180°! Les femmes et les enfants d’abord : nous sommes en situation de guerre! Restez à la maison! Le deuxième tour des élections est reporté sine die!

Hier, dans son article intitulé Élections Jouy-en-Josas – Marie-Hélène Aubert élue : un vote clair[1]https://contrib.city/ index.php / 2020/03/16 / marie-helene-aubert-elue-un -vote-clair /, en minimisant l’impact de la crise sanitaire sur les élections et sur la base de la décision du Président Emmanuel Macron, Contrib’City s’est peut-être trompé. Instinctivement, CC a sanctuarisé le vote et la souveraineté du peuple. Mais que se passe-t-il si les votants ont été profondément influencés par la décision de l’Elysée ?

Une situation de crise, a priori à court terme, peut influencer les électeurs en ce sens que dans un contexte d’insécurité profonde, les êtres humains, instinctivement, chercheront des repères qui n’auront pas été détruits par l’événement catastrophique ou en tout cas perçu comme tel. Les gens seront donc réticents à changer de conseil municipal, mais bien plutôt incités à rester avec le précédent. La vision passe brutalement du long – six ans – au très court terme, soit quelques semaines. Dans le département des Yvelines, de nombreuses communes ont choisi de maintenir les équipes déjà au pouvoir.

Le même processus psychologique se produit également en Finance. On fuit le risque comme la peste, quitte à entrer dans l’irrationnel : on peut aujourd’hui acheter la compagnie aérienne Air-France / KLM pour l’équivalent de deux Airbus, et Renault pour un tiers de sa capitalisation du début de l’année.

Bref, nous naviguons à vue, dans un brouillard épais. A noter également qu’à Paris, ce week-end, de nombreuses familles avaient amené leurs enfants jouer ensemble dans les squares. De même, la semaine dernière, certains bus de la capitale, en service réduit, étaient bondés d’usagers. M. Castaner, le Ministre de l’Intérieur, s’est donc senti obligé de frapper du poing sur la table.

Un point retient l’attention de CC : d’une part, l’État français exige une densification urbaine, de l’autre, il se rend compte que cette dernière présente également des inconvénients, comme celui de favoriser la propagation d’une pandémie mondiale. Les Parisiens[2]c’est-à-dire les habitants de la Ville de Paris qui est, géographiquement parlant, l’hypercentre de la Région parisienne., avec une densité de plus de 21 000 habitants au km², se sont tout à coup souvenus de leur racines provinciales et/ou rurales et se sont précipités hors de la capitale hier, du moins ceux qui le pouvaient, provoquant des embouteillages dans les gares et sur les routes. Espérons que cela n’aidera pas à propager le Corona qui, pour rappel, fait beaucoup moins de victimes que les virus de la grippe classique.

La France navigue à vue, dans un épais brouillard, avec la Panique ou l’Ignorance comme seules gouvernantes. Mais Contrib’City, grâce à son radar « Impertinence » et son GPS « Bon sens », tente de voir au-delà afin de toujours mieux comprendre la relation entre les territoires et leurs habitants: un sujet infini, changeant et ô combien passionnant!

Cher Contrib’Citizen, vous êtes cordialement invités à apporter vos témoignages ou remarques.

 

Références   [ + ]

3 pensées sur “France : navigation à vue par brouillard épais

  • 18 mars 2020 à 23 h 53 min
    Permalink

    CC je vous prie de vous référer à la statistique du Parisien de ce jour depuis le début de l’épidémie. Tout va crescendo en France !!!!!
    La responsabilité du gouvernement à maintenir la tenue des nouveaux conseils municipaux et obliger les nouveaux élus à y prendre part pendant cette crise sanitaire est juste irresponsable !!!!!!

    Répondre
  • 18 mars 2020 à 15 h 13 min
    Permalink

    Oui, nous devons trouver un juste milieu entre le déni de la réalité sanitaire et une panique contre-productive. Les mesures de précaution pour arrêter la propagation semble être le bon chemin. L’utilisation des connaissances biologiques (Recherche sur le virus Corona) et statistiques (nombre de malades et de décès) peuvent nous guider dans crise.

    Répondre
  • 18 mars 2020 à 11 h 55 min
    Permalink

    Marie Hélène AUBERT minimisant l’impact de cette crise sanitaire ? ….. Mon dieu l’ère AUBERT commence bien ;((…….

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *