Elections Jouy-en-Josas – Réunion M.H.A. : quelle soirée!

La réunion organisée par Marie-Hélène Aubert, avant-hier soir, a commencé doucement, dans la bonne humeur, par la présentation de son équipe. La candidate a montré une maîtrise impressionnante de la communication publique : le groupe d’accueil à l’entrée, le sourire lors du premier discours, l’utilisation de mots systématiquement positifs (sauf pour le climat), quitte à utiliser de nombreuses expressions un peu superlatives du type merveilleux, extraordinaire et exceptionnelle. Quand chaque membre de la liste municipale Rassemblement pour Jouy a parlé en quelques mots de son domaine d’action, MHA a bien pris soin de parler de ses colistiers au futur, non au conditionnel, et d’une façon tout à fait naturelle comme la prochaine équipe qui prendra le relais.

MHA, vice-présidente du Conseil Départemental des Yvelines, avec Didier Morin, son directeur de campagne. Photo : BdF, le 3 mars 2020.

Impressionnant! Contrib.city ne peut que soulever son chapeau devant une telle maîtrise : Mme la Présidente, vous êtes une vraie professionnelle! Même la demande de MH Aubert à contrib.city de cesser l’utilisation des flashes fut faite d’une façon courtoise tout en étant ferme[1]CC en profite pour présenter ses excuses à ce sujet et réfléchis à l’achat d’un flash mobile qui éclaire le plafond.

Marie-Hélène Aubert, avec Agnès Prieur de La Comble, conseillère municipale sortante déléguée à la petite enfance. Une crèche est prévue dans le quartier forestier des Metz, en haut du versant nord de la commune. La question du budget n’a pas été abordée lors de la réunion. Photo : BdF, le 3 mars 2020.
Marie-Hélène Aubert avec Christophe Ruault, conseiller municipal sortant délégué aux sports. Photo : BdF, le 3 mars 2020.

Les principaux thème du programme de MHA furent ensuite dépeints par les membres chargés de chacun de ces dossiers : le social (Vivre ensemble), l’attractivité territoriale, le développement économique local, la transition écologique, l’Education/Jeunesse, l’Urbanisme/sûreté-sécurité. Dès le départ, MH Aubert, ainsi que CC l’avait annoncé dans un de ses articles[2]Elections Jouy-en-Josas – Y aura-t-il un débat public?, le 25 février 2020. Disponible sur : https://contrib.city/index.php/2020/02/25/elections-jouy-en-josas-y-aura-t-il-un-debat-public/, la candidate nous a informé que le domaine social était le cœur de son activité et de son expertise, information au sujet de laquelle CC n’a repéré, ni lors de la réunion ni à l’extérieur, aucune contestation. Toujours dans le domaine social, l’équipe a annoncé qu’elle souhaitait construire une maison dédiée à la petite enfance dans le quartier forestier dans les hauteurs de la commune, et qu’elle envisageait un projet de maison pour les personnes atteintes de maladies type Alzeimer. La question des financements de ce projet n’a pas été abordée. Cependant, lors de sa réunion publique du 28 février, son opposant Grégoire Ekmedje avait soulevé la question d’un coût de 140.000 €, prix énoncé lors de la présentation du budget 2020, en Conseil Municipal du 03/02/2020, et cela juste pour le financement d’une étude réalisée par un cabinet urbanistique[3]cf : MAIRIE de JOUY-en-JOSAS, Le mot du Maire, février 2020 – n° 67, p4. Par contre, dans L’imprimé de Jouy, p 4 également, le prix évoqué est uniquement de 40.000 €. S’agit-il d’une erreur de frappe?

Pour l’attractivité de Jouy-en-Josas, l’équipe vise un partenariat avec les autres communes de la Haute Vallée de la Bièvre afin d’attirer et de garder les commerçants. Rassemblement pour Jouy souhaite moderniser le musée de la Toile de Jouy, en partenariat avec HEC, probablement en utilisant les techniques actuelles en matière de multimédia. Selon l’adjoint au maire, Pierre Narring, ingénieur urbaniste, les écoles continuent à perdre des élèves du fait que la population jovacienne diminue et que les ménages ont du mal à trouver un logement. Le candidat Grégoire Ekmedje, dans sa réunion publique du 28 février dernier, propose une autre explication : des parents d’élèves ont comme objectif de mettre leurs enfants dans un collège versaillais, privé ou public, et donc essayent de « placer » leurs enfants dans les écoles primaires de la Préfecture. En effet, la carte scolaire jovacienne conduit automatiquement les CM2 vers les collèges de Vélizy, ce qui ne correspond pas forcément au choix de tous les parents. Quant à la relation entre l’habitat et l’école, elle est certes réelle mais elle se situe plutôt à l’échelle inter-communale. Comme précisé ci-dessus, des enfants ou adolescents vont suivre leur études primaires, secondaires ou même supérieures à Versailles, tout en continuant à habiter Jouy-en-Josas. Conclusion : face à un marché immobilier cher, les ménages se reportent vers les villes voisines et ne déménagent pas forcément dans la commune où se trouve l’établissement scolaire. Enfin, en ce qui concerne la population jovacienne, cette dernière est passée de 5477 habitants en 1968 à 8312 en 2015, puis à 8331 en 2019, et selon les projections de l’INSEE, à 8356 en 2020 et 8533 en 2031. Elle augmente, donc. D’après le site ville-data.com, C’est une population qui rajeunit fortement avec un indice de vieillissement de 1 personne de 65 ans ou plus pour 66.0 habitants de moins de 20 ans[4]VILLE-DATA.COM, Population de Jouy-en-Josas, 2019, [consulté le 5 mars 2020]. Disponible sur : https://ville-data.com/nombre-d-habitants/Jouy-en-Josas-78-78322.

En ce qui concerne le volet Transition écologique, l’effort portera sur l’isolation des bâtiments publics. Pour la Jeunesse, MHA a comme objectif de garder les jeunes, au sein de Jouy (qui n’a pas de collège) en leur proposant une nouvelle maison et de nouvelles activités, et notamment de la musique mais dans un cadre moins conventionnel que le conservatoire municipal. La question du coût n’a pas été abordée. Le thème des transports en commun ne semble pas avoir été évoqué non plus. Or, s’il est vrai que les bâtiments représentent un tiers des émissions de gaz à effet de serre (GES), le transport contribue également à un autre tiers. Malgré cette réalité, MHA n’a pas parlé de la ligne C du RER, qui présente de très nombreux dysfonctionnements quotidiens, techniques comme sociaux. Le point de vue de contrib.city est que les maires, même si leur représentation est communale et non pas régionale, peuvent quand même faire entendre le « ras-le-bol » de leurs électeurs auprès des élus régionaux. Le retard des travaux actuels de modernisation de la ligne C, afin d’en faire un tram-train, aurait pu être soulevé. Selon le maire sortant, Jacques Bellier[5]MAIRIE de JOUY-en-JOSAS, Le mot du maire, février 2020, n°67, p2, la ligne de bus n°11 qui dessert Jouy et le centre de Versailles est même menacée par Versailles Grand Parc.

Puis sont arrivés les deux sujets sensibles traités dans une seule et même rubrique, l’urbanisme/sécurité, et avec eux les premiers couacs. MHA a commencé en fanfare en affirmant que les travaux de la SIAVB avaient considérablement diminué les risques d’inondation. Première erreur grossière car, d’après le Pr émérite Jean-Noël Salomon, hydrologue et médaillé de la société de Géographie, ces équipements fonctionnent en cas de crue moyenne. Mais dans le cas d’une inondation exceptionnelle (centennale par exemple), ces mêmes équipements, dans certains cas, peuvent au contraire ralentir la décrue et maintenir les rives plus longtemps inondées. Salomon dénonce le faux sentiment de sécurité, souvent véhiculé par les élus, quant à l’efficacité de ces équipements publics hydrauliques : […] tous les aménagements de protection et les mesure de « prévention » donnent l’illusion d’une plus grande sécurité qui donne à son tour…de nouvelles implantations. Mais que survienne une crue exceptionnelle supérieure au niveau de protection prévue (ce qui n’est pas rare car de dernier dépend de considérations budgétaires…ou autres) et les dégâts seront d’autant plus importants[6]SALOMON Jean-Noël, L’Homme face aux crues et aux inondations, Presses Universitaires de Bordeaux,  Talence, mai 1997, p 89 (Coll. Scieteren) . Le professeur conclue par ces deux mesures à la fois simples, de bon sens et bon marché : La plus simple, et de loin la plus efficace [des préventions passives], largement adoptée par nos ancêtres, était donc celle qui consistait à ne pas s’installer dans les secteurs réputés inondables. Dans le cas où des zones déjà construites sont donc soumises à un risque d’inondation, le chercheur nous informe que Dans tous les cas, il vaut mieux chercher à étaler la crue que la contenir. [7]idem, p 116.

Pour prendre une image, c’est un peu l’histoire de la ceinture de sécurité : ce n’est pas parce que je mets cette dernière que je ne suis plus obligé de respecter le code de la route. De même, ce n’est pas parce que nous prenons des mesures pour réguler les crues moyennes qu’il ne faut plus prendre en comptes les lois géo-physiques de l’eau et des bassins versants. Pour utiliser un langage un peu poétique, si on ne respecte plus « Mère Nature », cette dernière, tôt ou tard, vous rappelle à ses bons souvenirs et vous envoie la facture.

Marie-Hélène Aubert avec Pierre Narring, maire-adjoint à l’urbanisme. La question centrale qui a été posée par contrib.city est celle des bâtiments en cours de construction, et notamment de parkings souterrains, en zone inondable, dans le fond de la vallée (crue de 1982). Photo : BdF, le 3 mars 2020.

Dans ses explications, l’adjoint au maire Pierre Narring a évoqué le problème de la responsabilité : si le promoteur respecte le Plan local d’urbanisme (PLU), le maire ne peut refuser le permis[8]A titre de rappel, toute autorisation de construire est délivrée par le maire et doit être ensuite validée par le Préfet. Selon CC, il ne s’agit pas de refuser une construction mais d’informer l’ensemble des parties-prenantes, à commencer par les futurs acquéreurs et locataires, d’une réalité toute simple mais cruciale: la zone est inondable. Si l’on décide de construire malgré tout dans le lit majeur d’une rivière – une bonne partie du centre de Jouy se situe dans le lit majeur de la Bièvre – alors le bâtiment aura pour vocation à être de type lacustre: des pilotis adaptés devront être mis en place et tout équipement lié à la vie quotidienne, notamment le(s) véhicule(s) des habitants, devra être soit submersible soit flottant (barque) soit considéré comme jetable.

L’autre bourde de l’équipe de MH Aubert fut le manque de discernement au sujet de la sureté : selon Gilles Curti, premier adjoint au maire et responsable notamment de la sécurité, cette dernière est essentiellement fournie par la solidarité entre les habitants, ce qui est vrai! Sauf que cela n’est pas suffisant, selon Serge Karius, spécialiste Sécurité et directeur de campagne de l’opposant Grégoire Ekmedje[9]cf : réunion publique du 28 février 2020 : en effet, dans le cas où des malfaiteurs viennent à faire face à des habitants, que ce passe-t-il? Et là apparait pleinement le rôle d’une force publique sous contrôle d’un élu. Mais dans le cas de Jouy-en-Josas, la Police nationale du secteur de Versailles Grand Parc doit gérer douze communes (dont Jouy) avec seulement deux véhicules de patrouille (Brigade anti-criminalité et Police-secours). De plus, le premier adjoint nous a informé que Jouy-en-Josas comptait deux policiers municipaux, ce qui est erroné. La commune ne compte, parmi ses effectifs, qu’un agent de Police municipale et un Agent de sécurité de la voie publique (ASVP). Or pour toute interpellation au sein d’une patrouille, il est obligatoire qu’il y ait deux agents de même statut. Dans le cas contraire, les agents pourront veiller à la sécurité des enfants aux sorties d’école et mettre des contraventions. Mais ils ne pourront pas poser des questions à des suspects dans le cadre d’un cambriolage.

Quand le moment des questions-réponses est arrivé, contrib.city avait pris de nombreuses notes et préparé des questions sur les thèmes de l’urbanisme et des vulnérabilités de la commune. A bout de cinq minutes, l’ambiance avait déjà monté de quelques crans puis les insultes gestuelles et sous-entendus verbaux quant au QI et à la capacité de raisonner de CC commencèrent à sortir : le débat commençait enfin! Après un quart d’heure d’échauffourées,  Marie-Hélène Aubert, moyennement à l’aise sur les questions d’aménagement, proposa de nous réunir autour du buffet, décision qui provoqua l’unanimité. CC en a profité pour discuter avec les personnes qui l’avaient interpellé un peu vivement (les deux font partie de la liste Rassemblement pour Jouy), des points d’accord ont été trouvés et même une demande de pardon (immédiatement accordée par contrib.city)!  Car finalement, en plus du buffet, le fait de pouvoir réfléchir, partager, se confronter, échanger et trouver des éléments d’accord, n’est-ce pas là le jeu de la démocratie locale? En effet, au-delà des discussions, nous avons une immense chance de faire partie d’un territoire démocratique. Il reste que CC reste un peu déçu, surtout au vu des talents indéniables en matière de communication de Marie-Hélène Aubert et de sa compétence en matière sociale, que la candidate ait refusé un débat public avec Grégoire Ekmedje, tête de l’autre liste, Un avenir pour Jouy.

Grégoire Ekmedje, Conseiller municipal de l’opposition et tête de la liste « Un avenir pour Jouy ». Le candidat s’est engagé par écrit à ne briguer aucun autre mandat afin de se consacrer pleinement et uniquement […] au service de notre belle commune. Photo : BdF, le 28 février 2020.
Cyrielle Bazenet, Directrice de communication, conseillère municipale sortante. Co-listière de Grégoire Ekmedje. Photo : BdF, le 28 février 2020.
Réunion sur la sûreté/sécurité organisé le 28 février 2020 par Serge Karius, ancien gendarme et consultant en sécurité, directeur de campagne de Grégoire Ekmedje. Photo : BdF, le 28 février 2020.
Grégoire Ekmedje et la députée Michèle de Vaucouleurs (MODEM, affaires sociales). Photo : Un avenir pour Jouy.

Liens :
https://www.unavenirpourjouy.fr
facebook : Rassemblement pour Jouy – Twitter : RPJouy

Montage de couverture : BdF.
Sources : RPJ et UAPJ.

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