Quel futur pour la politique agricole? (Inde – 1ère Partie)

Par le Professeur Devendra Swaroop Bhatgava (anciennement avec le IIT à Roorkee et Kanpur, au AIT à Bangkok et au Bureau central du contrôle de la pollution (Central Pollution Control Board)).

Le mouvent social des agriculteurs

L’élaboration d’une loi pour les agriculteurs, très exploités en Inde, était vraiment nécessaire, car on m’avait personnellement dit, dans une ferme, que l’intermédiaire achetait à l’agriculteur des tomates Rs 5 par kg qu’il revendait ensuite sur les marchés à Rs 60 / Kg[1]Rs : roupie indienne. Valeur actuelle : 1 Rs = 0,01 €. Imaginez la joie des agriculteurs indiens qui peuvent désormais, après la  nouvelle législation, espérer se débarrasser de ces revendeurs.

De toute évidence, de nombreux fermiers, issus d’États (indiens) prospères, qui ont également agi en tant que revendeurs intermédiaires, sont désormais aussi les opposants à la nouvelle loi.

L’opposition actuelle à la nouvelle loi a été lancée depuis le très riche État du Punjaab. Les Punjabees les plus unis (cette union est vue  comme une grande force), en particulier ceux qui ont émigré en masse du Pakistan après la partition de 1947, étaient devenus de grands favoris de la famille Nehru (au Congrès) qui les a rendus riches du jour au lendemain pour gagner de façon permanente leur profonde fidélité (malgré même les événements de 1984). Ces Punjabees ont également été encouragés à se disperser pour régner dans tous les États de langue hindi en acquérant des terres agricoles, des emplois, des affaires, etc. destinés aux peuples de langue hindi, très désunis. Cela se manifeste très bien par le fait qu’aujourd’hui, les paysans du Pendjabee vivant dans ces États voisins et de langue hindi (comme l’Haryana, le Rajasthan, etc.), ont également rejoint de manière organisée la manifestation des agriculteurs qui est bien connue comme avoir également été parrainée par le Congrès. En conclusion, le mouvement social des agriculteurs est presque totalement politique et soutenu principalement par la famille Nehru et ses alliés au Congrès.

La pollution de l’eau

Désormais, les autres problèmes liés à la pollution de l’eau, à l’agriculture biologique, etc. sont issus d’une révolution verte très sévèrement et mal pratiquée. Les agriculteurs indiens, pour la plupart illettrés, et avides d’une production agricole en forte et soudaine croissance, ont commencé à ajouter trop d’engrais synthétiques, de pesticides / insecticides, sans se rendre compte que les plantes (mais également les animaux), contrairement aux humains, ne peuvent pas absorber le trop-plein de nutriments. En conséquence, beaucoup de ces engrais et  insecticides synthétiques excédentaires ont été emportés dans les rivières, en plus de leur infiltration dans les eaux souterraines. En conséquence, les rivières, les étangs, les lacs, les eaux souterraines, etc. sont aujourd’hui pollués et impropres à de nombreuses utilisations bénéfiques de l’eau. Non seulement cela, mais l’arrivée de ces surplus d’engrais dans les lacs provoque une «eutrophisation» des plans d’eau pour finalement aboutir à la mort de ces derniers. La mort du lac Dal, dans l’État de Jammu-et-Cachemire en Inde, et les rivières hautement polluées du sous-continent indien, sont des exemples manifestes de la plus grande des tragédies causées par la révolution verte, mise en œuvre sans aucune précaution. Le gouvernement indien, qui réfléchit aujourd’hui à une « super révolution verte », a besoin de se réveiller.

L’agriculture biologique

L’agriculture biologique, aujourd’hui à la mode, est plus demandée et se vend à un prix plus élevé. Les agriculteurs font donc de leur mieux pour augmenter la production de ces cultures qui nécessitent cependant du fumier organique, et non du synthétique comme souvent utilisé. Ainsi, l’agriculture biologique améliorera non seulement les revenus des fermiers, mais réduira également les effets néfastes de l’utilisation des engrais chimiques comme indiqué ci-dessus. Les gouvernements devraient agir et aider les agriculteurs à préparer du fumier organique dans leurs champs, grâce à l’utilisation d’énormes déchets organiques générés par les villes et les villages. Cela résoudra en outre les problèmes liés à l’élimination des déchets organiques solides dans les zones habitées.

Traduction : B. de Foucauld

Bibliographie

Congress MPs from Punjab continue sit-in at Delhi’s Jantar Mantar.

Ganga Cleaning Forever with Minimal Money/Time

Prochain article : Quel futur pour la politique agricole? (India & France/EU) – B. de Foucauld

 

 

Références   [ + ]

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *