Mairie de Jouy-en-Josas : temps plein ou tremplin?

La fonction de maire n’est pas un métier, c’est un service, qui exige un engagement plein et entier, sur le terrain […]. Ainsi s’exprimait le nouveau maire de Jouy-en-Josas, sur son programme électoral de mars 2020. Ce service qui, bien sûr n’est pas un métier, est tout de même rémunéré 2128 €/mois, sans compter les 3811 € pour le poste de vice-présidente du Conseil départemental des Yvelines ni sans oublier les 2567 € pour la fonction de Première vice-présidente de la Communauté d’agglomération Versailles Grand Parc. Le total, 8.434,85 € brut par mois, correspond au plafond au-delà duquel ne peuvent aller les indemnités des élus locaux. Force est de constater que non seulement, presqu’un an après les élections (et neuf mois après son installation à la mairie du fait du Covid), Marie-Hélène Aubert est toujours vice-présidente des Yvelines (un des plus grands et plus riches départements français) et de Versailles Grand Parc (VGP), mais qu’elle brigue également un nouveau mandat comme conseillère départementale. Qu’a-t-elle donc fait de sa promesse faite aux électeurs jovaciens en mars dernier?

Extrait du programme Vivre Jouy – Marie-Hélène Aubert. Mars 2020.

Les Yvelines comptent plus de 1,4 millions d’habitants et s’étendent sur 2284 km2. L’intercommunalité versaillaise qui s’étend sur 115 km², pour une population de 265.000 habitants, compte dix-neuf communes. Chacune des deux fonctions à remplir, comme vice-présidente, au sein des Yvelines ou de Versailles Grand Parc, nécessite donc un très gros travail. Cependant, comme le rôle de maire est déjà un service qui demande un engagement plein et entier, sur le terrain, comment faire pour accomplir trois tâches dont chacune exige un dévouement entier : rajouter du plein au plein? Mais cela ne risque-t-il pas de déborder?

Prenons un dictionnaire et intéressons-nous au sens du mot métier. Parmi les différentes significations de ce mot, l’on trouve celle-ci (qui ne contredit pas les autres) : toute activité dont on tire des moyens d’existence (Larousse, 1990). Si l’on regarde du côté du verbe servir (du latin : servire, être esclave), voici la première explication : S’acquitter de certains devoirs, de certaines fonctions envers quelqu’un, une collectivité. Servir l’Etat : exercer un emploi public. Si l’on regarde la définition en lien avec la chose publique, on obtient : Activité professionnelle exercée dans une entreprise, une administration. Bref, le service, c’est-à-dire l‘action de servir, est aujourd’hui très liée à la notion de rémunération. Les PDG des banques et compagnies d’assurances vous confirmeront qu’effectivement les services peuvent être une grande source de revenus. Le Président de la République française, Emmanuel Macron, ne le niera pas non plus, avec un salaire mensuel brut de 18.617 €, mais surtout l’ensemble de ses frais (résidences principale et secondaires, transport, alimentation) liés à sa vie quotidienne payés par le contribuable (Le Figaro, le 8 mai 2017), auquel il faudra joindre une confortable retraite.

Mais que les Jovaciens se rassurent : la politique municipale est un service à temps plein, et certainement pas une profession. A temps plein, l’expression est effectivement pertinente au vu des nombreux défis au sein de la commune jovacienne : chantiers en zones inondables, gestion de la circulation automobile en lien avec les passages à niveaux, transformateur haute tension en zone critique (aujourd’hui réglé après des publications de contrib.city), gestion des arbres de plus de 30 m près des maisons, budget à tenir malgré les restrictions de l’Etat, procès d’un promoteur contre la commune pour abus de préemption, cluster Covid dans HEC… Alors, la mairie de Jouy-en-Josas n’occupe-t-elle pas déjà assez son édile? Ou bien ce poste à temps plein n’est-il qu’un tremplin vers d’autres fonctions?  

Comme contrib.city l’avait évoqué dans son article du 11 février dernier, Mme Aubert a donné sa réponse le 20 janvier dernier, lors d’une intervention publique sur un réseau social, en se déclarant candidate aux prochaines élections départementales, avec probablement son colistier Olivier Lebrun (nous ferons un bon binome), maire de Viroflay et vice-président des Yvelines.

6 réflexions sur “Mairie de Jouy-en-Josas : temps plein ou tremplin?

  • 12 mars 2021 à 21 h 50 min
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    Un commentaire ou plutôt une remarque sur votre article concernant la maire de Jouy-en-Josas. C’est une de mes adversaires politiques donc loin de moi l’idée de la défendre. Juste une volonté de rectifier une erreur : pour rester vice-présidente du conseil départemental, il faut qu’elle soit conseillère départementale et donc qu’elle se présente à nouveau aux élections départementales.
    Jacques Chesnais
    PS

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    • 12 mars 2021 à 22 h 00 min
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      Bonjour Monsieur,
      Merci de votre commentaire.
      Vous avez parfaitement raison : Marie-Hélène Aubert, si elle veut continuer à être vice-présidente, devra candidater comme conseillère pour les prochaines élections départementales qui devraient avoir lieu en juin prochain. Chose à laquelle elle avait publiquement renoncé lors de sa dernière campagne municipale, afin de respecter son “service, qui exige un engagement plein et entier, sur le terrain”, pour les Jovaciens.
      Bien cordialement.

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  • 12 mars 2021 à 16 h 18 min
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    Et en plus ca donne un satut social pas dégeux.

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  • 12 mars 2021 à 15 h 51 min
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    “Faites ce que je dis, pas ce que je fais” associé à “les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent”…
    Et c’est la même personne qui revendiquait sa fonction d’adjoint au maire comme une profession.🤣

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  • 12 mars 2021 à 13 h 15 min
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    Comme le dit Mme AUBERT tout un programme………………………………..

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  • 12 mars 2021 à 12 h 41 min
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    c’est beau le devouement quant c’est renumere

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